Une véritable pièce de musée :
Une lettre autographée par l'Empereur François II,
le dernier Empereur du Saint Empire Germanique,
écrite au milieu de la campagne d'Autriche
contre Napoleon en Mai 1809 :

 

(cliquez sur l'image de la lettre,
pour la voir en grande résolution)

  

Empereur Franz II de Habsbourg
et Roi d'Autriche

 

Expéditeur de la lettre

 

Archiduc Joseph de Habsbourg
Régent de Hongrie

 

Destinataire de la lettre

   

On peut affirmer aujourd'hui, que la guerre entre l'Autriche et la France commença déjà au début de la révolution en France. Lorsque Napoléon prit le pouvoir en 1799, les armées françaises avaient déjà nettement élargi le territoire français et de nombreuses régions d'Allemagne avaient été conquises. Toutes ces batailles (perdues) ont eu pour conséquence, que l'Empereur François n'a jamais été enclin à un compromis. Après les nouvelles défaites d'Ulm, Vienne et surtout Austerlitz, le sentiment de résistance (contre la France) en Autriche s'amplifia. En plus, il arriva que Napoléon ne reconnut plus l'Empereur François et le destitua. Alors que l'Empire français ne cessa de s'étendre, la résistance à cette invasion s'accrut parallèlement, surtout en Espagne, où l'insurrection fit de nombreuses victimes parmi les soldats français. C'est pourquoi au début de 1809, les autrichiens ont estimé que la France serait suffisamment affaiblie, pour qu'une nouvelle guerre contre Napoléon pourrait cette fois-ci s'avérer avantageuse! 

Mais l'Empereur François et ses conseillers se sont trompés et l'armée française était encore si puissante que cette insurrection s'est vite transformée en cuisante défaite pour l'Autriche et ses alliés. Les français ont infligé dès les premières batailles en Bavière (Regensburg, Eckmühl) de lourdes défaites. L'armée autrichienne fut alors contrainte de se replier vers Vienne. L'Empereur François avait alors rapidement besoin d'aide de ses frères, comme par exemple de l'Archiduc Joseph, le destinataire de cette lettre. Il était le Régent de l'Empire Germanique à Budapest en Hongrie. Le contenu de la lettre montre qu'un contact permanent entre les deux personnalités était établi. Mais il est clair que dès le début de cette nouvelle campagne, l'Archiduc Joseph n'a jamais été très enclin à participer à cette bataille (presque perdue d'avance). Joseph était, probablement pour cette raison, très estimé en Hongrie, car il épargna ainsi, la vie de milliers de jeunes hongrois.   

La lettre a été écrite le 8 Mai. A cette date, la "suite" autrichienne avait déjà quitté le château de Schönbrunn (les troupes françaises s'en rapprochant dangereusement). La fille de l'Empereur Marie-Louise a été transférée à Budapest chez l'Archiduc Joseph, pendant que l'Empereur François fit son possible, pour superviser l'état de ses troupes. La capitale Vienne ne put plus être défendue et elle fut abandonnée aux français, tandis que l'Empereur François concentra ses troupes sur la rive droite du Danube dans les environs de Vienne.

Il y eut, quelques semaines après, 2 principales batailles. La première à Essling et la deuxième à Wagram, où l'armée autrichienne fut définitivement vaincue. Un autre frère de François, l'Archiduc Charles se résolut à signer la paix. Une paix plutôt défavorable à l'Autriche, par laquelle, il fut même décidé de donner Marie-Louis la fille de l'Empereur, en tant qu'épouse à Napoléon...

 

Un grand merci au spécialiste et historien Monsieur F.I. Wöber, grâce à qui, nous pouvions enfin décrypter et comprendre le contenu de cette lettre ancienne. Voici son contenu en allemand :

Lieber Herr Bruder Erzherzog Joseph! Ihre beiden überfolgenden, Mir vom Hofkriegsrath zurückgestellten Noten, welche bereits durch Mein vom 30. April 1809 an Euer Liebden erlassenes Kabinettsschreiben, die Erledigung erhalten habe, werden zum gehörigen Gebrauch übersendet.

Schrems, den 8. Mai 1809.

* Voici la traduction de cette lettre en français :

Cher frère Archiduc Joseph. Vos deux notes transmises me sont parvenues en retard par la cour du conseil de guerre. Elles font suite à ma requête du 30 avril 1809 à votre Honneur, par mon cabinet. J'en ai pris note et je peux vous assurer que leur contenu sera transmis pour son utilisation appropriée.

Schrems (nord Autriche), le 8 Mai 1809. 

 

Encore une fois, nous tenons à remercier M. (Herr) Wöber, qui put établir et joindre à sa traduction, une chronologie précise de la vie de l'Empereur François au moment de cette guerre :

Le 10 avril, l'Empereur se trouvait à Schärding, pour observer la traversée de son armée de l'Inn. Il s'établit ensuite à Vienne et le 17 avril, il suivit une procession à Vienne. Puis, il partit pour la Hongrie et s'installa au château Tata,où il rencontra le 28 avril, l'impératrice Ludovica. Puis il partit pour la Tchéquie pour faire le point avec ses troupes. Le 3 mai, il était apparu en compagnie de ses troupes à Budweis. Il suivit la bataille d'Aspern depuis Bisamberg au Nord du Danube et il s'établit à Wolkersdorf jusqu'à la bataille de Wagram. Au début de Juillet, on le vit à Komorn et le 16 et le 17 juillet (après l'ultime défaite de Wagram), il se réunit avec ses frères Jean et Joseph à Tet en Hongrie, pour discuter de la suite à donner aux événements. Jusqu'aux négociations finales de la paix en octobre, il resta au château Tata en Hongrie.

Schrems se situe en zone forestière du nord de l'Autriche, près de la frontière tchèque.

Il écrivit la lettre à Schrems le 8 mai. Il venait de Budweis. 

 

Quand on reçoit un tel exemplaire entre les mains, on a presque l'impression de rêver. Mais après des mois de recherches, on peut établir sans aucun doute, que cette lettre est vraiment une authentique rareté.

A propos du papier de la lettre, il s'agit d'un papier typique d'époque avec des signes d'eau en lignes horizontales espacées de 2 centimètres. Il s'agit d'une double feuille, pliée en deux et légèrement plus petite que le format courant contemporain A4. Non loin du centre de la feuille, apparaît un signe (d'eau) : VI.

La lettre a été rédigée, comme on peut le constater, dans un style précipité, pendant le déplacement de l'Empereur de la Tchéquie vers l'Autriche au début de Mai.

Le papier montre quelques signes de vieillesse qui confirment son âge de 200 ans.

Son secrétaire a utilisé une encre et une plume qui a laissé quelques tâches lors de l'écriture. Quand on observe ces tâches à la loupe, on voit bien qu'elles ont été absorbées par le papier et qu'il ne s'agit en aucun cas, d'une imitation.

Le contenu de la lettre est certainement une pièce maîtresse en faveur de son authenticité. Monsieur Wöber est un historien spécialisé sur cette guerre et qui a étudié cette période pendant de longues années. Il a déjà fait publier plusieurs ouvrages spécialisés sur la campagne d'Autriche. Le type d'écriture et surtout le contenu, montrent sans contestation, qu'il s'agit bien d'une lettre de l'Empereur François. Le style est très typique pour être à l'origine d'une haute personnalité de cette époque. En plus, il n'indique que des informations générales, telles qu'elles ont été transmises en cours de conflit, ceci pour ne pas divulguer des informations trop précises au cas où l'adversaire intercepterait la lettre. Une marque au dos, semble justement indiquer que la lettre est apparue le 11 mai vers Cluept sur l'Inn ce qui pourrait indiquer qu'elle a été interceptée par les troupes françaises. Car à cette époque, seule la partie droite du Danube était encore sous le contrôle autrichien.

Mais le plus important concerne la signature de la lettre. Nous avons pu prendre contact avec le Professeur  Ernst Gamillscheg de Vienne. Il est le Directeur des lettres écrites et autographées de la bibliothèque nationale de Vienne. Il nous a confirmé par écrit, que pour notre lettre, il s'agit certainement de la signature de François I (II) d'Autriche. Il a aussi confirmé, que le texte de cette lettre a plutôt été écrit par dictée, par un secrétaire. Ce dernier élément confirme au fond encore davantage l'authenticité de cette lettre exceptionnelle. 

 

 

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